Comme le veut la coutume, le mariage entre deux personnes, citoyens de droit coutumier doit être célébré par un officier public coutumier (OPC), dans l’une des huit aires coutumières du territoire. La signature de l’acte coutumier scelle le mariage et remplace la cérémonie célébrée en mairies. Les unions doivent tout de même être enregistrées, mais il ne s’agit là que d’une formalité et n’a pas de valeur en soi, contrairement au mariage coutumier. Le mariage civil arrive généralement après le mariage coutumier.

Comme le précise l’étude menée par l’Université de la Nouvelle-Calédonie, « dès que les parties ont un statut civil de droit coutumier, pour tous les actes relevant du droit civil – comme le mariage –, le droit compétent est le droit coutumier. Le Code civil alors est complètement écarté au profit de la coutume kanak ».

Si les époux n’ont pas le même statut : soit l’un est de statut civil de droit commun et l’autre de statut civil de droit coutumier ; le mariage relèvera alors du droit commun. Selon la charte du peuple kanak, transmis par le Sénat coutumier, « l’homme a autorité sur la terre et la femme sur les enfants, leur éducation et la vie familiale. La femme est l’être sacré qui donne la vie et a un rôle d’assise et de cohésion sociale dans la famille et dans le clan ».

Le mariage traditionnel coutumier se prépare de longs mois à l’avance, car il faut préparer les champs d’ignames. Ils sont très importants et symbolisent le mariage et la prospérité dans le couple. Les récoltes se font aux alentours d’avril et mai, c’est pourquoi les mariages se célèbrent principalement en période hivernale sur le territoire. Chez les Mélanésiens, la première étape d’un mariage est la cérémonie de demande de la main. Ensuite, se fait la rentrée des tontons maternels (frères et cousins de la mère du marié) dans la famille des mariés, chez le clan de l’homme. Une coutume est faite aux tontons pour marquer le début du mariage, car ils représentent le sang de la mariée ou du marié.

Le mariage coutumier scelle aussi l’alliance des clans. C’est le clan de l’homme qui organise le mariage et reçoit le clan de la femme. Les clans des époux ainsi que les clans alliés se rencontrent et des présents sont offerts (riz, ignames, tissus). Le respect a une place importante dans la culture kanak ; chaque parole est faite de façon à affirmer le respect de l’autre. S’ensuivent donc les discours, les remerciements puis l’acte de « donner la fille ».

Les femmes de la famille du marié viennent chercher leur belle-sœur avec des étoffes et des robes et l’emmènent vers son nouveau clan.

C’est toujours la femme qui quitte le sien pour rejoindre celui de son mari. « Pour un clan, dans la tradition, le mariage a pour finalité d’assurer une descendance, de perpétuer le nom et d’assurer la prospérité de la famille, de la maison, du clan, de la chefferie. Ainsi le mariage coutumier est renforcé dès la naissance du premier enfant et du premier fils » nous dit la Charte du peuple kanak. Dans la culture, l’homme et la femme sont alors considérés mariés.

Lizzie Carboni