Magique est le maître mot qui pourrait caractériser le mariage maronite célébré au Liban ! Rien n’est laissé au hasard et aucune fête de mariage n’est improvisée à la légère. Tous les moindres détails sont pensés afin de rendre cette cérémonie la plus mémorable possible !

 

Un peu d’histoire…

Les maronites sont une communauté chrétienne du Proche Orient, seule église orientale à être rattachée à Rome, donc à reconnaître l’autorité du Pape. Leur nom vient de leur fondateur, Saint Maron, qui au 4e siècle, a créé une petite communauté d’ermites dans les montagnes de Syrie.

Décimée par l’invasion arabe du 7e siècle, la communauté a été ravivée au 8e siècle sous l’impulsion d’un moine, Jean Maron qui s’est illustré en aidant les croisés à reconquérir le tombeau du Christ à Jérusalem. Ils ont été de fermes soutiens pour les Chevaliers de l’ordre de Saint Jean, puis des Franciscains venus pour garder le Saint Sépulcre. C’est pourquoi les maronites ont toujours été les protégés du roi de France jusqu’à la création du Grand Liban.

Les maronites ont eu une grande importance dans l’histoire du Liban tant au point de vue économie que politique. Actuellement ils sont à peu près trois millions à suivre la règle maronite, proche de celle des catholiques, sauf que Baptême et Confirmation sont un seul et même sacrement, et que l’extrême onction n’existe pas. Les messes sont dites en arabe et en syriaque, une langue apparentée à l’araméen, la langue que parlait le Christ. Le moment le plus important étant la Consécration, qui est dite en syriaque. Ce sont pratiquement les mots exacts que le Christ a prononcés. Et ils ont gardé de lire la prière eucharistique de Saint Jacques, et l’anaphore de Saint Pierre, résumé de la foi appelé Anamnèse chez les catholiques.

Au Liban, le mariage civil n’existe pas.

Seul le mariage religieux est reconnu. Le pays du Cèdre, qui est un État communautaire et multiconfessionnel, n’a pas de code civil de statut personnel unifié. Il n’y a qu’un statut personnel religieux qui définit et reconnaît une personne en fonction de la communauté dont elle est issue.

Paradoxalement une fois conclus à l’étranger les mariages sont enregistrés dans les fichiers d’état civil libanais. Ainsi, profitant de cette possibilité, de nombreux couples (800 par an selon les estimations relayées par L’Orient-Le Jour) se rendent dans les pays voisins, notamment à Chypre, en Turquie, en Grèce ou même en Italie ou en France, pour conclure une union civile.

Catherine Alla – Photos © Elias Visuals

Coutumes et traditions maronite

 

L’importance est surtout donnée au rituel des fiançailles (minimum 6 mois avant le mariage), où les futurs époux se promettent leur engagement de façon formelle.

 

Cette cérémonie est très privée et se passe au domicile des parents de la jeune fille, au cours d’un repas solennel. Les fiancés vont devoir suivre une importante préparation, une fois par semaine pendant six mois.

Tous les sujets du mariage et du couple sont abordés, et bien sûr la signification d’un mariage chrétien et ce qu’il demande : éducation religieuse des enfants, vie chrétienne de la famille, engagement dans l’église.

Le jour J, la tradition veut que le marié et la mariée reçoivent, parents et amis au domicile de la famille de chacun. C’est alors un défilé ininterrompu où tous les convives se régalent de douceurs, les baklavas sucrés.

Ensuite, les parents, amis ou proches du mari viennent à la maison de la future mariée pour l’accompagner avec ses invités à l’église. C’est un témoignage de bienvenue dans sa nouvelle famille. Tous lui offrent alors en cadeau des bijoux.

La mariée en blanc, des fleurs à la main, arrive avec son futur beau-père à l’église, mais c’est au bras de son fiancé qu’elle y entre.

1 – Il y a beaucoup de ressemblances entre le mariage maronite et le mariage catholique, mais aussi quelques différences, notamment au moment de l’échange des promesses d’amour et de fidélité. Chaque époux tient son anneau sur le plat de sa main gauche, et la bénédiction du prêtre se fait aussi de la main gauche, qui est celle du côté du cœur.

2 – Après ce rituel, les mariés sont couronnés : cela signifie qu’ils sont fils et fille de Dieu. Ils font alors une petite procession autour de l’autel en se tenant la main. À l’issue de la cérémonie, la jeune mariée est ramenée dans sa belle famille et accueillie avec des « you-you ».

3 – Très souvent la décoration de la salle revêt les couleurs dignes des mille et une nuits. L’entrée, triomphale des mariés se fait au son des tambours d’une troupe de musiciens et danseurs vêtus de costumes traditionnels, qu’on appelle « zafé ». Le banquet commence par des discours à l’honneur des mariés.

4 – Le repas de noces, généralement organisé dans un restaurant, est un dîner servi ou un buffet. Comme le veut la coutume, sont déposés, entre autres, les trente sortes de mezzés différents.

5 – Quand arrive la pièce montée, un « zafé » prête son sabre aux mariés pour couper le gâteau de mariage.

6 – La fête se poursuit tard dans la nuit au rythme du « Dabké » la danse traditionnelle libanaise.
Les mariés sont prince et princesse d’un jour, unis pour la vie !

Nadine Jacquiot