Le saphir est une pierre précieuse dont le prix dépend de la pureté, de la dureté et de la limpidité. Le plus
connu est le saphir bleu, qu’on confond parfois avec l’aiguemarine ou la topaze bleue. Mais il affiche de nombreuses autres couleurs : jaune, vert, violet, ou encore rose-orangé, variété la plus convoitée.

Un peu d’histoire

Pierre précieuse d’un bleu magnifique et d’une très grande valeur, le saphir typique est une variété de corindon (oxyde d’aluminium), tout comme le rubis, l’émeraude orientale ou la topaze royale. Il possède la particularité de changer de couleur en fonction du reflet de la lumière. Ce mot qui, jusqu’au XIIIe siècle, désignait le lapis-lazuli, vient du grec sappheiros, « pierre de couleur bleue ».

Les Perses croyaient que la terre reposait sur un saphir géant et que sa réflexion colorait le ciel. Le saphir a ainsi longtemps symbolisé la vérité. La tradition prétend même que Moïse reçut les dix commandements sur des tables de saphir et qu’il en a fait une pierre sacrée. Quant au saphir étoilé, il a toujours été considéré comme un talisman très puissant, une étoile pour guider les voyageurs qu’il protégeait de la peste et des mauvaises rencontres.

Les bouddhistes ont fait du saphir la pierre de la dévotion et de l’illumination spirituelle. Dans l’église chrétienne, il représente la pierre des cardinaux et il ornait au Moyen Âge la bague des évêques. Les premiers saphirs commercialisés en Europe venaient d’Arabie. D’un bleu roi velouté, ceux de l’Etat indien du Cachemire étaient réputés comme les plus beaux au monde.

Aujourd’hui, les principales exploitations se trouvent en Asie : Birmanie, Sri Lanka, Cambodge, Thaïlande, Laos, Vietnam et Chine. Plus près de nous, l’Australie est aussi une terre de saphirs. En 1934, une pierre de 886 carats a été découverte au Queensland !

© Rosey Perkins – Saphir près d’Ambatondrazaka, Madagascar, octobre 2016

Ses couleurs (par Anne Fruteau)

Incolore
Le saphir incolore s’appelle «leucosaphir» (du grec leucos : blanc). La rareté de la couleur, son intensité, sa brillance contribuent grandement à la valeur des saphirs. La qualité de la taille lui permettra de se révéler dans toute sa splendeur.

Vert
Une teneur moindre en fer produit les tons jaunes et verts. La couleur verte est souvent due à la juxtaposition de bandes de couleurs bleues et jaunes. Ce zonage visible à la loupe donne l›impression d’une pierre verte.

Bleu
Ce sont le fer et le titane présents dans la pierre qui vont donner toutes les nuances de bleu.

Jaune
Le saphir jaune est considéré comme l’un des neuf joyaux planétaires dans l’astrologie védique.

Orange
Le saphir orangé avec une nuance de rose se nommera padparadscha ce qui signifie fleur de lotus en cinghalais. Pierre extrêmement rare au naturel, elle alimente convoitises et légendes.

Rose
Le chrome produira des pierres roses.

Violet
Le vanadium colore les pierres violettes.

Quant à la couleur rouge, elle est l’apanage des seuls rubis !

Quand nous utilisons le mot saphir sans aucun qualificatif, nous faisons référence aux pierres bleues. Le camaïeu va des bleus noirs des pierres australiennes aux bleus roi intenses (bleu royal et «cornflower») des célèbres saphirs du Cachemire en passant par les bleus plus doux des pierres de Ceylan. Cependant les saphirs existent en plusieurs couleurs aux tonalités multiples. Nous parlerons alors de saphirs roses, verts, violets, jaunes, blancs, orangés.

La rareté de la couleur, son intensité, sa brillance contribuent grandement à la valeur des saphirs. La qualité de la taille lui permettra de se révéler dans toute sa splendeur.

Quelques saphirs célèbres

1— Saphir Logan
Il a été trouvé au Sri Lanka. Taillé en coussin dans un cristal, serti au centre d’une broche et entouré de 20 diamants, il pèse 423 carats. Il doit son nom à Mr John Logan qui l’a donné en 1960 à un musée de Washington.

2— Saphir Ruspoli
135,8 carats. Connu pour sa forme de losange, il a été découvert au Bengale par un vendeur de cuillères en bois. Après avoir appartenu à un prince italien – d’où son nom –, on le retrouve sur la couronne de Louis XIV. Confisqué lors de la Révolution française, il est aujourd’hui au Muséum d’histoire naturelle.

3— Étoile de l’Inde
Un saphir étoilé de 563,35 carats, le plus gros et le plus célèbre, découvert il y a environ 300 ans au Sri Lanka. De fines aiguilles cristallines font apparaître une étoile superficielle de six branches à sa surface. Ce genre de saphir est taillé et poli de manière à accentuer cet effet. Selon l’angle sous lequel on observe le bijou, l’étoile suit le regard.

 4— Saphir d’Edouard le Confesseur
Du nom d’un roi d’Angleterre du XIe siècle dont la bague de couronnement était ornée d’un saphir bleu, taillé « en rose », à l’éclat et la brillance exceptionnels. Deux siècles plus tard, la couronne et la bague sont intégrées aux joyaux de la Couronne. En 1838, la reine Victoria fait sertir la bague sur la couronne impériale d’apparat. Un autre saphir, celui des Stuarts, fait partie intégrante de la Couronne d’Angleterre, à côté du saphir d’Édouard.

De multiples vertus

Selon les adeptes de la lithothérapie (médecine non conventionnelle qui cherche à soigner par le biais des cristaux), le saphir est une pierre excellente pour la peau, les cheveux et les ongles. Il favorise le développement spirituel et la créativité, aide à dénouer les blocages émotionnels, soulage les migraines et fortifie les yeux. Il atténuerait même les coliques, les rhumatismes et les crises de goutte !

People

À l’occasion de ses fiançailles avec le prince de Galles en février 1981, Diana Spencer reçut une sublime bague composée d’un saphir ovale de 18 carats et sertie de 14 diamants, estimée à 30 000 livres (4 millions de FCFP). Elle venait de chez Garrard Jewellers, bijoutier au service de la couronne britannique depuis 1843. Lady Diana l’aurait elle-même choisie car elle lui rappelait celle portée par sa mère. Lady Di a toujours adoré les saphirs, comme en témoignent ses nombreuses parures dont une en saphirs et diamants, cadeau du Sultan d’Oman en 1986.

Après son mariage, Lady Di continua à porter sa bague de fiançailles au-dessus de son alliance, et même après son divorce. En octobre 2010, lors d’un voyage au Kenya, le prince William, son fils aîné, offrit à sa future épouse Kate Middleton cette même bague donnée par Charles à Diana trente ans plus tôt. Une façon d’honorer la mémoire d’une mère tragiquement disparue en 1997 et de l’associer au mariage royal du 29 avril 2011. « Offrir cette bague à Kate, c’est ma façon de faire en sorte que ma mère ne rate pas ce jour », expliquera le prince.

© Joe Haupt – Le prince Charles et Lady Di posent pour les photographes le jour où leurs fiançailles sont annoncées, le 24 février 1981